mars 04, 2012
arno fabre
Les Souliers quintet from Arno Fabre on Vimeo.
en savoir plus sur les souliers
et sur le travail de ce garçon
merci sarah la barbarette pout la découverte.
mars 01, 2012
ballade parisienne
C19H2802 (agnès)
cette année, touchée par les oeuvres présentées dans ces lieux
| fred le chevalier |
| philippe ramette à la galerie xippas |
| bêtes off à la conciergerie |
| bêtes off |
| still life |
| si ca passe vers chez vous, et que la danse vous émeut parfois jusqu'aux genoux, ben faut y aller. |
| les dessins de philippe ramette me font penser à l'humour de gilles garcin |
décembre 05, 2010
jacques Ancet
poésie contemporaine
écouter deux, trois fois, les mots vous pénètrent, les images qu'elles sont, le décors posé, les sentations, tactiles.. pièce sombre, silence, s'imprégner d'un univers étranger, produit d'un autre, se laisser saisir par lui.
novembre 25, 2010
jacques Ancet
Chronique d'un égarement (2003-2006)
On ferme les yeux, on les ouvre. Jamais le même décor. Le même, pourtant. Avec la mouche, le gros orteil et des bruits de moteur. Qu'est-ce qui vient ? Quelque chose qu'on pourrait appeler le bonheur. Mais le bonheur, on le sait, n'existe pas. Seul son mirage. Comme tombée du haut mais aussi du sol, une lumière trop belle pour y croire tout à fait.
*
J'écoute. Une route au soleil. Un espace plus vaste avec le bruit des feuilles poussées par le vent. De temps à autre, une voiture. Puis un silence relatif. Où se logent des prés, des maisons, des montagnes. Que chercher d'autre que ce présent ? Une touffe de lavandes sèches, un cerisier à peine jauni, un parking. Des cris d'enfants disent la vie. Je ferme les yeux. Sur la peau, une légère chaleur. Un souffle. Une attente qui n'attend rien.
*
Retrouver une vieille habitude empêche-t-il d'être perdu ? Assis à la même place -- mais il n'y a jamais de même place --, je laisse le paysage (couleurs, ombres et lumières, mouvements) me traverser les yeux. Les bruits du jour, les images s'éloignent. N'en reste qu'une trace mouvante, très longue à s'effacer. Ensuite, c'est un suspens. Entre quoi et quoi, comment le dire ? Ensuite, comme une entrée dans le sommeil. A ce moment précis, une vague étincelante me submerge et tout rentre dans l'ordre.
*
J'ai cessé d'être perdu et plus rien ne m'arrive.
*
J'ai pris l'une de mes mains dans l'autre. Je vois des gouttes et un silence de fumée. Des choses arrêtées aux lisières du vide. Un tronc massif, plus obscur que le gris. Une lenteur de feuilles. Leur immobilité jaune. De l'herbe, un store, un radiateur. Et, plus près, ces mêmes mains, un genoux, un pied posé. Entre, l'espace recommence.
*
Je sais que je vais bientôt cesser d'être perdu. Mais avant je voudrais parler encore. Dire, dans l'illumination soudaine le rouge scintillant des fruits, le vert d'où semble naître la lumière. Et le silence d'un après-dîner qui en contient tant d'autres. A perte de temps. Même jour, même visage, même lunettes posées, même absence, même voix dans la pièce voisine qui parle et qu'on ne comprend pas.
*
La lumière suffirait-elle ? Les ombres sont plus nettes, les couleurs plus vives, mais ce qui vient ressemble à la tempête. Peu importe. Je ne vois pas plus loin que le bout d'un instant qui sans cesse m'échappe, sans cesse m'appelle. C'est pourquoi je suis perdu. Entre la montagne et la tasse, le ronflement de la pelleteuse et le craquement du radiateur. Entre ce que je vais dire et ce que je dis. Entre le regard et les choses, le matin et le soir. Entre, toujours. Entre les mots comme entre les pierres du torrent. Entre ton corps et le mien, entre ma vie et ma mort.
*
février 23, 2010

La tâche d'inexister
On me parlait d'une civilisation dotée de tous les moyens du marbrier, du fondeur, et qui était l'héritière d'un art classique qui aimait placer des éphèbes nus, des Korés, aux carrefours de ces villes ou dans la pénombre des temples. Mais cette nouvelle époque ne voulait plus de statues. Elle n'avait que des socles vides où parfois on faisait un feu que courbait le vent de la mer. Les philosophes disaient que c'est là, ces emplacements deserts, les seules oeuvres qui vaillent : assumant, parmi les foules naïves, la tâche d'inexister.
Yves Bonnefoy, La Vie errante suivie de Remarques sur le dessin - Poésie/Gallimard
novembre 16, 2009
Apaisée maintenant, te souviens-tu
D'un temps où nous luttions à grandes armes,
Que restait-il
Dans nos coeur qu'un désir de nous perdre, infini?
Nous n'avions pas franchi
La seule grille au soir ou sagesse de vivre
Qui est dans la grisaille et l'acanthe des morts.
Nous n'avions pas aimé
Le feu de longue nuit, l'inlassable patience
Qui fait aube pour nous de tout branchage mort.
Yves Bonnefoy